homelie_6dimpaques_20200524 - Paroisse Saint Géry (Limelette) et Paroisse Saint Joseph (Rofessart)

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Homélie du dimanche 24 mai 2020 dimanche, 7ème Semaine du Temps Pascal
 
Entre l’Ascension et la Pentecôte
Nous venons de fêter l’Ascension célébrant le Seigneur qui semble nous quitter… Et si c’était pour mieux nous confier les chantiers du monde : une étape nouvelle qui doit commencer par la prière ?  Ce dimanche en effet, nous invite à être comme les apôtres qui, après le départ de Jésus dans le ciel, rentrèrent à Jérusalem, montèrent à la chambre haute où « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Actes des Apôtres). C’est comme une retraite d’une dizaine de jours qui commence pour eux, avant que l’Esprit de Jésus, l’Esprit de Pentecôte ne vienne leur inspirer les faits, les paroles et les gestes pour la mission qui leur a été confiée. Ils vivent ainsi une période d’attente.
Nous aussi nous vivons des attentes de toute sorte : trouver une solution au problème, faire un choix de vie, prendre une nouvelle destination, fonder une famille, accueillir un enfant … Quelle place donnons-nous à la prière ? Comment imitons-nous ces hommes et ces femmes réunis au cénacle avec Marie ?
Comment prier pour un meilleur accueil, une belle rencontre ? Certes pas pour meubler le vide, ni pour remplacer le travail à accomplir. Ceux qui pratiquent la prière en savent le bienfait pour eux et pour leur vie. Jésus les porte, prie pour eux, comme jadis pour ses disciples et toute l’humanité. Nous le voyons dans l’ultime prière de Jésus pour ses disciples, appelée aussi « prière sacerdotale » ou, selon Jean Chrysostome, « le colloque de Jésus avec son Père ». Elle est tout orientée par le désir de voir ses disciples entrer dans la communion qu’Il connait lui-même avec le Père dans l’Esprit.  On peut toutefois s’étonner de voir Jésus demander la gloire pour lui-même. Nous aussi on rêve, non pas nécessairement d’être célèbre ou comblé d’honneur, mais tout simplement de jouir d’une certaine considération, d’être reconnu. Saint Ignace raconte son aventure spirituelle disant que lui aussi a rêvé de gloire et d’honneur jusqu’à ce que, blessé au siège de Pampelune, il en vienne à envisager une autre forme de gloire : celle qui consiste à suivre Jésus dans son cheminement de service fraternel, pour la plus grande gloire de Dieu. Faire connaitre Dieu et son fils au monde, assurer ainsi sa renommée, sa gloire ou tout simplement, selon le vocabulaire biblique, la manifestation divine. Ici la gloire que Jésus demande, c’est la gloire d’aimer. Il demande que l’amour du Père transfigure son humanité, que toute son œuvre d’amour soit incluse dans l’amour du Père.
Evidemment, son œuvre est accueillie ou pas, dans la liberté des réponses humaines. Il reste quelque part un monde qui ne l’a pas reçu, le monde dont je vous parlais dimanche dernier, et c’est là que les amis de Jésus sont envoyés d’abord pour y poursuivre l’œuvre entreprise.
Cette révélation sur la prière de Jésus nous fait entrer dans son intercession pour l’humanité. Rappelons-nous, lors de nos assemblées dominicales, - on espère qu’elles reprendront bientôt - c’est toujours par notre Seigneur Jésus Chris que nous prions. C’est en communion avec lui et en union avec tous les hommes qui cherchent Dieu.
Prions pour que vienne l’Esprit de renouveau pour l’Eglise, l’Esprit de paix sur l’humanité, l’Esprit de sainteté au cœur des vivants. Une belle occasion d’élargir notre horizon car, hélas,  le covid -19  risque d’accaparer toutes nos pensées. En priant ainsi, nous nous montrons solidaires d’une très longue attente de l’Esprit Créateur. En tout homme ne reste-t-il pas un désir de plénitude insatisfait ? Au cœur de l’humanité, un désir d’harmonie ne trouve pas d’aboutissement et l’espoir continue de renaître malgré les secousses. Cet espoir peut devenir prière, supplication, attente et même espérance. Par notre prière, donnons-lui forme aujourd’hui. Nous apporterons notre voix à ces cris indistincts. Nous donnerons des mots à tous ces silences. Nous rassemblerons dans le Christ toute cette espérance de l’histoire. Rejoignons ces hommes et ces femmes qui, à Jérusalem veillaient dans la prière jusqu’à l’avènement de l’Esprit. Ils sont l’aboutissement de toute l’attente d’Israël.
Marie, fille d’Israël, est avec eux. Elle est là, à la fois comme l’accomplissement des promesses et l’annonce de l’Israël nouveau. En ce dimanche, qu’elle soit pour nous l’icône de l’attente joyeuse. « Oui, nous verrons la bonté de Dieu », disait le psaume. Car la bonté de Dieu sera plus forte que les tempêtes. Nous pourrons, au-delà de nos limites, dans le combat, les échecs, la souffrance, rendre gloire à Dieu, éprouver la joie et l’allégresse du psalmiste : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » (Ps26)
A vous tous et toutes bon dimanche avant la Pentecôte !                                                                                                                         Salvator
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Mise à jour le : 23-10-2020
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