homelie_6dimpaques_20200517 - Paroisse Saint Géry (Limelette) et Paroisse Saint Joseph (Rofessart)

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Homélie du dimanche 17 mai 2020 dimanche, 6ème Semaine du Temps Pascal
 
 
Homélie
L’Esprit Saint, présence du Christ en nous. ./..

« J’aime les aéroports, surtout à l’étage des arrivées ». Nous serons sans doute d’accord avec Francine Carrillo, si nous avons pu nous rendre à l’aéroport, sauf fermeture suite à la pandémie. Oui, attendre quelqu’un qu’on aime, le voir, c’est se glisser dans une fête intérieure. Et tout l’alentour s’efface derrière l’unique désir du visage à retrouver, à contempler.
Durant ce temps pascal, ne pouvons-nous pas dire que nous avons côtoyé les disciples à l’aéroport de leur vie ? A l’étage des arrivées, Le Ressuscité leur est apparu. Il leur a apporté la paix, il s’est présenté comme leur chemin, chemin d’amour, chemin de vie qui leur trace un avenir. Les disciples d’Emmaüs se sont retrouvés avec un cœur tout brûlant quand il leur a ouvert les Ecritures. « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse », ont-ils demandé à Jésus pour essayer de le retenir.  
L’évangile d’aujourd’hui nous emmène plutôt à l’étage des départs. « Le départ c’est autre chose, on y arrive le cœur lourd, on cherche à gouter au mieux les ultimes instants de la convivialité » (Francine Carrillo). Comme les disciples, nous aimons rarement les séparations, elles nous renvoient déjà à la solitude, au manque, et même à la mort. Ainsi, à l’heure pour Jésus de passer de ce monde à son Père, il s’entretient longuement avec eux et, une fois de plus, il leur promet une présence spéciale. Ils ne seront donc pas orphelins. Il restera présent à travers l’Esprit. Ils pourront dorénavant percevoir Jésus dans le quotidien de la vie, en rencontrant cet Hôte intérieur qu’est l’Esprit de Dieu. Ils verront le Christ ressuscité à l’œuvre, là où le monde ne le verra pas. « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez aussi ». Jésus serait-il en train de dénigrer le monde comme un lieu de perdition ? Non le monde n’est pas à bouder, c’est là que les disciples sont envoyés pour porter du fruit.  Mais le monde chez Saint Jean, c’est ceux qui refusent la lumière de Dieu. Ceux qui se cherchent eux-mêmes. Se démarquer de ce monde, c’est rechercher le Seigneur et, dans cette quête, on trouve nos frères sur notre chemin. Nous comprendrons que, dans le Christ ressuscité, est glorifiée une partie de notre être corporel, de l’histoire, du cosmos et que c’est là le commencement d’une humanité nouvelle, la destinée ouverte à tous les hommes.
Je pense un instant à l’aventure de ce premier homme dont nous parlent les savants. S’étant mis debout, l’hominidé découvrit l’horizon par - delà les hautes herbes de la savane. Il cessa d’avoir les yeux rivés sur terre, il regarda les autres ; il regarda le ciel, il découvrit l’infini. On peut imaginer qu’il commença à se poser des questions : Qui suis-je ?  Quelle est ma place ? Quelle est mon rôle sur terre ? L’homme d’aujourd’hui est concerné.  « Le moment est venu pour l’homme, qui s’emmêle les pieds, le cerveau et le cœur dans les hautes herbes, de se lever, de se dresser moralement, et spirituellement au- dessus de sa savane, de regarder intensément l’horizon, de sonder intensément le ciel et de se poser des questions (Noël Copin).
Et les chrétiens dans tout ça ? Dans beaucoup de domaines, le chrétien ne peut pas agir comme tout le monde. Découvrir quelle est sa savane, se demander : Que puis-je apporter à cette humanité, à cette planète dont je fais partie moi-même au quotidien ? Comment rendre raison de l’espérance qui est en moi, comme le demande l’apôtre Pierre ? Et quelle espérance ?  Car le message de Pâques est difficile à accueillir en ces temps de crise sanitaire.
L’Esprit Saint ?  Une force spéciale qui nous défend contre la tentation de croire que tout est fichu. Une force qui nous veut vivants, qui combat en nous et avec nous. Il nous remet dans la vérité de notre être : Nous sommes dans le Christ qui est dans le Père.  Dès lors nous pourrons poser sur le monde un regard de douceur et de respect, le même que le diacre Philippe alla poser sur les Samaritains. Ils étaient bien découragés quand il est arrivé chez eux. Par son témoignage, il libère ceux qui sont paralysés par la peur de l’avenir.  On ne nous demande pas d’être des héros, mais d’être simplement le plus fidèle possible à ce don qui est fait à chacun et qui a pour nom l’Esprit de Vérité. Il est puissance de vie et non puissance de conviction.  
En cette veille de l’Ascension, puissions-nous, dans la situation d’humanité qui est la nôtre actuellement, nous sentir intensément soutenus par l’Esprit du Christ, un ensemble d’ondes d’amour qu’on ne voit pas mais qui nous permettent de rester en lien les uns avec les autres et de nous sentir unis à plus grand que nous.                                                                                                                                                                                           Salvator

 
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Mise à jour le : 05-06-2020
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