homelie_20200405 - Paroisse Saint Géry (Limelette) et Paroisse Saint Joseph (Rofessart)

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Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur 20200405

Notre histoire en marche…

Sœurs et frères,

Ces jours-ci je me promenais dans le quartier, comme vous le faites sans doute chez vous pour vous aérer ou méditer.
Au bord du chemin, je vois de loin un sac jaune. C’est le jour de la collecte des déchets ménagers.
Un message est collé sur le sac. Je regarde de plus près, c’est marqué : « Un grand merci !»
Au milieu des déchets, un message de vie, qui traduit en quelque sorte cette résilience individuelle et collective en cette période d’adversité.
En effet, ce qui nous semblait être un dû, ce qui nous paraissait normal ne l’est plus avec le confinement. On apprécie alors à sa juste valeur un service, une présence même à distance, le rôle de ceux qui travaillent dans l’ombre …Et nous (ré)inventons ces mots, ces gestes oubliés, qui font du bien et qui font avancer la société.
Un éboueur qui a reçu le même message de remerciement en France témoigne : « ça fait chaud au cœur, on espère que ça va continuer après la crise ».
Oui des choses vont continuer, notre histoire est en marche.
Notre vie n’est-elle pas stimulée sans cesse par le face à face avec la mort ?
En ce dimanche des rameaux et de la passion, Jésus nous entraîne dans une marche spéciale.
Au départ on aimerait garder en mémoire son entrée triomphale à Jérusalem.
Mais il faut ajouter la passion du Seigneur crucifié en dehors de la ville.
La passion ! Dur à entendre, comme si ce mot venait gâcher la fête, lui qui fait penser aux grandes souffrances. Et parlant du Christ, on voit forcément se défiler devant nous des images de trahison, de couronnes d’épines, de flagellation, de torture, de crucifixion, de mort…
Et la passion selon saint Matthieu que la liturgie propose cette année met fort en évidence cette réalité.
Mais quel est ce messie au rabais, vendu pour trente deniers ? C’est scandaleux !
On voudrait peut-être voir, comme les Juifs de l’époque, un messie conquérant, un Dieu qui manifeste son pouvoir, et qui ne doit pas permettre des imperfections, des intrus inquiétants…N’est-il pas le Maître de tout ?
Dans le livre « la nuit de feu » d’Éric-Emmanuel Schmitt, nous retrouvons ce drame dans un dialogue : « Lorsque je vois les ratages de la création, tsunamis, tempêtes, tremblements de terre, espèces anéantis, infirmités diverses affectant les vivants, virus mortels ou bactéries tueuses, je me dis que Dieu, comme artisan, n’est pas un maître mais un apprenti »
Et pourtant, c’est dans ce même livre que l’auteur partage les fruits d’un voyage intérieur qu’il a vécu. Seul, durant la nuit glaciale du désert, il sent se soulever en lui une force brûlante. Un sentiment de paix, de bonheur et d’éternité l’envahit. Une belle expérience d’une nuit mystique.
Et si ce feu était Dieu dans son amour pour l’homme ?
Ce dimanche nous entrons dans la semaine Sainte, la Grande Semaine.
Cette semaine, nous ne la vivrons pas seulement sous l’aspect de l’épreuve, même s’il ne faut pas la gommer, mais c’est aussi et surtout la semaine de l’amour.
Le dernier repas, le lavement des pieds où Dieu se met à genou devant chacun de nous, le pardon accordé à Pierre après son reniement, le dialogue avec le larron, tout sur le chemin de Jésus vers la mort dit amour, pardon, service, don de soi.
La Semaine Sainte est là pour nous dire que toute souffrance est accompagnée, visitée : Dieu remplit de sa présence nos croix humaines.
L’amour de Dieu en Jésus Christ est créateur de vie malgré la mort qui peut être au rendez-vous.
Bien sûr nulle existence n’est sans faille : Echecs, actes manqués, ruptures dans nos relations, malheurs, le péché, …  « Mais il y a Jésus-Christ !» (Titre du livre de Robert Guelluy)
Allons-nous nous ajuster à l’amour du Christ qui éclate en lumière de Pâques ?
La Semaine Sainte ? Occasion de laisser(re)naître cette grande complicité avec le Christ qui nous entraîne dans sa Pâques.
S’asseoir aux pieds de Jésus pour y puiser la force d’avancer, d’agir.
C’est ce qu’a fait Catherine de Sienne. Contemplative, elle était « toute cachée dans les blessures du Christ crucifié », brûlée d’une flamme d’amour qui la place au premier rang des mystiques.
Une telle flamme, si elle vient brûler nos engagements, notre service, elle fera de notre humble quotidien un sacrement qui réveille la vie.
Un grand merci jaillira du cœur des voisins, des collègues de travail, des personnes isolées,  ,.. et Dieu ne sera pas loin.
Car notre entourage nous dira, tout haut ou en silence, ces paroles étonnantes : « Pour nous, Dieu c’est ce que vous faites » (Maurice Zundel)
Qui sait, ensemble nous nous demanderons, émerveillés : « Qui est ce Père qui espère ?  Quel est cet Homme qui pardonne ?
Quel est ce Vent qui invente ? Qui est ce Dieu qui se donne ?» (P. Goeseels)
Bonne Semaine Sainte !
                                                                                    Votre curé, Salvator Ntibandetse

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Mise à jour le : 23-10-2020
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