homelie_20200329 - Paroisse Saint Géry (Limelette) et Paroisse Saint Joseph (Rofessart)

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Homélie du 5éme dimanche de Carême A 20200329
LAZARE, VIENS DEHORS !
Sœurs et frères,
Malgré le confinement, nous poursuivons petit à petit notre marche vers Pâques.
En ces temps délicats, pas un jour ne passe sans que le coronavirus ne fasse parler de lui, avec tous ces chiffres traduisant les souffrances et la mort que la pandémie laisse après son passage.
Visites, activités, célébrations, rencontres sont annulées ou reportées dans le but de freiner la propagation du virus. C’est pourquoi les évêques de Belgique viennent de prendre la mesure difficile d’annuler toutes les célébrations liturgiques publiques jusqu’au 19 avril inclus.
Nous ne pourrons donc pas célébrer ensemble la fête de Pâques dans nos églises.
Fort heureusement, Pâques ne peut pas être annulée, reportée. Nous vivrons donc la fête de la Résurrection du Christ chez nous, dans l’intériorité personnelle, unis en communauté par la radio ou la TV.
Nous le vivrons déjà par l’évangile de ce dimanche qui est un appel à sortir de nos tombeaux.
Jésus s’adresse à Lazare, le frère de Marthe et Marie de Béthanie : « Lazare, viens dehors !»
Des paroles qui ont traversé des siècles pour nous rejoindre aujourd’hui, tendrement, dans nos peurs, nos doutes, nos inquiétudes et tous nos lieux de mort.
Des paroles qui, comme celles de Saint-Paul dans la deuxième lecture, répandent le parfum de la Résurrection : début d’un monde nouveau.
Des paroles que nous essayons de relayer par tous ces gestes de solidarité et ces initiatives en vue de garder la communion entre nous et de nous encourager mutuellement.
Les applaudissements de 20h, les cloches qui sonnent pour encourager le personnel des soins et tous ceux qui sont en première ligne pour sauver des vies disent à chacune et chacun : « Viens dehors ». Ces gestes ne traduisent-ils pas, à leur manière, que la bienveillance, la tendresse, l’amour et la solidarité ne peuvent et ne doivent pas être confinés ?
« Viens dehors !»  C’est presque un rêve, comme si le confinement était terminé, comme si on n’avait plus à craindre d’attraper le virus.
Bref, des paroles qui tombent comme une éclaircie dans le ciel nuageux.
Et pourtant, des questions demeurent, l’angoisse reste embusquée.
Je pense à toutes les familles touchées de près ou de loin par la pandémie, celles qui perdent un être cher sans pouvoir l’accompagner comme elles voudraient. Elles se posent peut-être la même question que ce petit garçon qui, le jour de l’enterrement de sa grand-mère, après avoir écouté l’évangile parlant de Lazare, sent l’interrogation surgir en lui au cimetière. Il s’adresse à sa maman : « Dis maman, pourquoi Jésus n’est-il, pas venu comme pour Lazare ? »
Mes pensées vont également vers celles et ceux qui ne voient pas le bout du tunnel, comme cet employé de Brussels Airport : « J’ai l’impression qu’on va tous à l’abattoir ».
Oui, que faire en face de la colère, de l’amertume ou de la résignation ?
« Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort », disait Marthe à Jésus.
L’absence de celui qui nous quitte traduirait-elle l’absence de Dieu ?
L’arrivée du coronavirus traduirait-elle l’inaction de Dieu ?
L’évangile montre bien que Jésus ne se tient pas à distance, il vient à Béthanie, il pleure à son tour. Notre Dieu n’est pas un Dieu distant, éloigné, impassible, faisant souffrir celui-ci et épargnant celui-là.
Dieu souffre avec nous. Nos larmes coulent sur les joues de Dieu.
Son appel à rester debout est donc assaisonné de son amour.
Regardons Marthe et Marie qui, confiantes, vont là où les attendent Jésus libérateur et Lazare libéré.
« Venir dehors », c’est croire que Dieu est toujours du côté de la vie.
Bien des années avant le Christ, un vieux Sage d’Israël avait déjà noté « Dieu n’a pas fait la mort et ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour que tout subsiste » (Sg1, 13-14).
« Venir dehors », c’est peut-être mourir à ce qui est éphémère et apparent.
« Venir dehors ? »  Naître à la confiance et à l’espérance.
Croire que, quoi qu’il arrive, le printemps peut rester au rendez- vous. Regardons les fleurs qui poussent, elles ont quelque chose à nous dire.
Venir dehors ? Remarquer, relever ce qui autour de nous est promesse de vie nouvelle.
En plein confinement, allons-nous pouvoir nous réinventer à la lumière de l’Esprit- Saint qui fait toutes choses nouvelles ?
Ouvrons nos cœurs, le jour nouveau frappe à notre porte.
Pour ne pas être surpris, comme si c’était un inconnu, demandons-nous quelles sont nos nuits.
Car, comme l’exprimait le père Didier Rimaud : « Comment savoir d’où vient le jour, si je ne reconnais ma nuit ? »
                                                                                           Salvator Ntibandetse,
                                                                                           Curé-Doyen




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Mise à jour le : 23-10-2020
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